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Pierre Gougeon

Encres Vives rend hommage à son fondateur Pierre GOUGEON

  • En 1994, paraît son premier recueil « Chaperon rouge règle ses contes. » Il rencontre quelques écrivains cachés dans l’ombre de leur maison. Naît alors une idée : si ces gens faisaient connaissance et se rencontraient ? Une certaine entraide serait possible et une association pourrait naître
  • En 1995-1996, Pierre en parle autour de lui, multiplie les contacts avec le service culturel de la Mairie de Cholet et celui de la communication, qui encouragent son idée
  • Mars 1996, première rencontre chez lui avec Philippe Charles, Pascale Charbonnier, François Drémaux et son père, ainsi que Guillaume Durant. Le journaliste de Cholet-Magazine participe à cette première réunion de réflexion. Il fait paraître un article sur deux pages, agrémenté d’une photo dans le numéro du mois suivant. La presse locale s’en est fait aussitôt l’écho. Pour Cholet et ses environs c’est un évènement. Une vingtaine de personnes prend contact avec Pierre. De quoi former une association
  • A la mi-juin 1996, une association est née avec les objectifs : entraide entre les écrivains, rédaction des statuts, élection d’un conseil d’administration. En tant que fondateur, on demande à Pierre d’en être le président. Cinq autres personnes sont élues, dont Catherine David, Marie Thérèse Sarazin, Aline de Pétigny, Pascale Charbonnier, Philippe Charles et François Drémaux
  • Janvier 1997, les adhérents décident d’une parution régulière de leurs écrits, c’est la naissance du Recueil HORIZONS. La même année, Ghislaine Frétellière accepte le poste de secrétaire, qu’elle remplit avec beaucoup de compétences. Encres Vives lui doit beaucoup. Un peu plus tard, Jackline René sera choisie comme vice-présidente
  • En 1998, il est décidé de lancer un journal interne trimestriel pour assurer, entre autres, le lien entre les adhérents. C’est la naissance d’ENCRES SYMPATHIQUES, dont le contenu s’étoffe et se diversifie. Son audience s’étend peu à peu au public
  • En 1999, en partenariat avec la Médiathèque et ECRIRE MAGAZINE, l’association organise des soirées « Un livre, un auteur ». La même année, ENCRES VIVES lance son concours de nouvelles et de poésies. Ce fut un succès. Un peu après, la ville de CHOLET sera partenaire d’ENCRES VIVES pour ce concours. Grâce à l’association créée par Pierre, de nombreux adhérents ont pu faire paraître plusieurs de leurs ouvrages

Pierre Gougeon                                Découverte du 1er Recueil HORIZONS
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«ENCRES VIVES» édite son premier recueil HORIZONS

Dans ce recueil, Pierre avait écrit l’éditorial :

"ECRIRE : UNE AVENTURE"
Se lancer dans l’écriture, c’est se lancer dans l’aventure. Une aventure difficile à engager ! Les poèmes, les nouvelles, les fables de ce premier numéro ont déjà franchi, sans doute, l’étape la plus obscure ; celle qu’il faut gagner à tout prix pour qu’un jour le manuscrit sorte d’un tiroir et qu’on ose le lire…et le publier. En entraînant ses premiers lecteurs vers quelques HORIZONS inconnus, c’est de cette réalité que veut témoigner la première parution d’ENCRES VIVES. Ces textes laissent derrière eux leurs sentiers secrets et modestement vous invitent au voyage.
Voyages au pays des rêves ; de l’imaginaire ; de ce qui trotte dans la tête ; des rires, des pleurs ou des interrogations…métaphysiques.
Voyages des mots aussi, alignés dans la solitude de chacun. L’idée qui a jailli se voit couchée sur la feuille blanche. Angoisse. Ces lignes qui courent semblent nous trahir ! Elles ne sont plus tout à fait la pensée aux contours incertains, qui hantait « la folle du logis ». Nous l’avons mise en mots que nous avons donnés à lire ou à entendre. Et c’est un autre voyage. Pourquoi ceux qui patientent sur le quai tendant-ils les bras aux voyageurs descendus d’un autre monde ?
C’est là sans doute le pouvoir mystérieux de l’écrivain. Nous nous emparons de cette « alchimie du verbe », dont témoignait Raimbault, qui nous permet de transmuer de la pensée en langage et du langage en pensée.
Fascinant voyage.
Pierre Gougeon
Président

 

Dans HORIZONS N°3

Pierre a fait paraître un récit. Il le fait précéder de la phrase suivante : «Quand vient la nuit, la peur se tient à la porte, et quand vient le jour, elle se tient sur les collines».

TOUT EST CALME
Depuis quelques jours le cérémonial se compliquait ; avant de me coucher je prenais des précautions de sioux. Ce que j’appelais alors « ma chambre », ne se fermait pas – juste une bâche rabattue devant l’entrée – et j’avais chaque soir le sentiment qu’on viendrait la nuit pour m’abattre.
Je ne voulais pas mourir par surprise ; au moins entendre celui qui entrerait, et tenter de me défendre. Alors je descendais ma valise et la plaçais en barricade dans l’étroit couloir. J’ouvrais à fond tous les tiroirs des armoires métalliques qui m’encadraient. C’était pour renforcer mes barricades et former un piège sonore que l’homme ne manquerait pas de bousculer avant de parvenir à mon lit. Je l’avais déplié et j’y disposais mes couvertures. Me restait alors à songer à ma défense. Je décrochais mon fusil et le glissais sous la couverture ; à droite. A gauche, je cachais ma lampe électrique. Depuis quelques semaines, j’opérais ainsi et cherchais longtemps un sommeil toujours difficile à trouver.
Ma peur augmentait chaque nuit.
Ce soir- là, le vent s’était levé et sifflait dans les tôles du hangar. La bâche de l’entrée s’agitait et battait contre l’escalier métallique que j’avais retiré. Quelques chacals hurlaient autour de la ferme. C’était ainsi chaque nuit depuis mon arrivée. Je m’y habituais mais ils ajoutaient à ma peur.
Le fusil à la main, j’hésitais; et si c’était pour cette nuit ?... Aurais-je le temps de tirer ?... Je jugeais que non et engageais une balle dans le canon avant de le placer près de moi dans le lit.
C’était fort dangereux, et j’avais peur.
Après avoir éteint mon éclairage de fortune, je m’allongeais entre le fusil et la lampe et tirais la couverture. Maintenant dans le noir, l’angoisse compagne maudite de mes nuits, commençait à monter par vagues avec son cortège de peurs et d’effrayants souvenirs.
Il n’y avait pas d’église – le village se trouvait à plusieurs kilomètres – et je ne pouvais en tendre s’égrener les heures. Il s’en passait deux, trois, parfois plus, sans doute, avant que je parvienne à trouver le sommeil.
Cette nuit-là, je ne le trouvais pas. Le vent sifflait plus violemment dans les tôles et la bâche continuait de s’agiter. D’autres chacals avaient rejoint les premiers et la ferme semblait encerclée ; l’odeur des moutons les attiraient.
Ma peur redoublait, les battements de mon coeur s’accéléraient et je m’obligeais à garder les yeux fermés.
Des bruits inhabituels résonnèrent sous le hangar. Je me retournai encore dans mon lit et je me risquai à ouvrir les yeux. La bâche de l’entrée était soulevée. Une ombre apparut dans le couloir à deux pas de mon lit. Cette fois, on entrait pour me tuer. La ferraille de mes tiroirs venait de retentir ; j’eus même le temps d’apercevoir briller une chose métallique ; probablement un poignard. On allait m’égorger. Vite, mon fusil !...
Je fus incapable de m’en saisir ; j’étais tétanisé ; incapable du moindre geste tant la peur m’étouffait. Une seule solution : appeler à l’aide. Deux camarades dormaient à quelques mètres dans une cabane aménagée sous le hangar. J’ai tenté d’appeler « au secours ! » ; aucun son n’est sorti de ma gorge, paralysée elle aussi. A vingt et un ans, j’allais mourir assassiné…